Grand ensemble conventuel, l’Institut des sœurs de Miséricorde a une forme classique pour ce type de bâtiment, soit un corps central logeant la chapelle, auquel se rattachent plusieurs ailes. Les premières constructions de l’Institut ont été érigées entre 1853 et 1884. Au fil du temps, d’autres ailes et pavillons s’y sont greffés créant un ensemble qui réunit harmonieusement des édifices de différents styles, depuis l’architecture néo-classique de la partie d’origine au modernisme des ailes des années 1940.
L’Institut occupe une place importante dans le paysage bâti de la rue de La Gauchetière et du boulevard René-Lévesque, notamment à cause de la forte présence de son architecture institutionnelle et des cours flanquant la chapelle avec leurs grands arbres. Par ailleurs, ce complexe hospitalier fait partie d’un ensemble institutionnel qui comprend l’ancienne école des Hautes Études Commerciales (actuel édifice Gilles-Hocquart de Bibliothèque et Archives nationales du Québec), face au square, ainsi que l’ancienne gare-hôtel Viger, l’ancienne maison Masson (aujourd’hui Maison du Père) et l’ancienne Académie Marchand, appartenant aujourd’hui à l’UQÀM.
L’Institut des sœurs de Miséricorde rappelle l’incontournable présence des communautés religieuses dans la vie montréalaise au 19e siècle. Les services de santé et les services sociaux étaient surtout prodigués par les communautés religieuses catholiques à l’époque. La qualité et la taille de cet ensemble conventuel démontrent l’importance accordée à ces institutions religieuses ainsi que la nécessité de leurs services auprès de la population. Implanté entre le Quartier latin et les faubourgs ouvriers, cet établissement assumait la prise en charge de personnes jugées très sévèrement et marginalisées par la société : les mères célibataires et leurs enfants. L’hôpital public qui a été adjoint à l’Institut des sœurs de Miséricorde comptait parmi les maternités les plus réputées de Montréal au 20e siècle et a été associé à de nombreuses personnalités de la ville.
Le centre hospitalier de soins de longue durée Jacques-Viger, qui occupe le bâtiment depuis plusieurs décennies, procède actuellement à une réduction et une relocalisation de ses activités. On envisage la fermeture du centre depuis que des problèmes techniques touchant la maçonnerie de certaines sections du complexe d’hébergement ont été détectés. Déjà, les occupants de trois des six pavillons doivent quitter les lieux compte tenu des problèmes de structure.
Héritage Montréal a pris contact avec les autorités du réseau de la santé à Montréal, la Ville de Montréal et l’arrondissement de Ville-Marie pour les sensibiliser au besoin impératif de donner une vocation d’avenir à ce complexe patrimonial. Nous avons souligné notamment que le projet du CHUM offre un potentiel inespéré, compte tenu de ses besoins d’espace dans le secteur.
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